Communication de cerveau à cerveau

Y a t-il une possibilité pour que mon inconscient communique à mon insu avec l’inconscient d’une autre personne ?

Pour amorcer cette réflexion sur la communication de cerveau à cerveau, je ferais référence à des situations qui peuvent éventuellement paraître étranges mais que l’on peut pourtant rencontrer de manière assez récurrente.

Par exemple : lorsque certains médecins sont concernés personnellement et pour des raisons diverses par une pathologie particulière, ils reçoivent étrangement beaucoup plus fréquemment des patients atteints par cette maladie.

On peut aussi citer le cas de ce psychothérapeute qui vivait un pénible conflit avec un membre de sa famille à cause d’un héritage. Il se plaignait à un confrère qu’une partie importante de sa patientèle venait le consulter pour tenter de régler des problèmes de dispute pour des questions d’argent[1].

Il est clair que ces personnes attirent inconsciemment les patients qui vivent la même situation qu’eux.

Un troublant hasard…

Beaucoup d’inventeurs, d’écrivains, d’artistes et autres travailleurs intellectuels sont persuadés que les idées créatrices ne viennent pas de leur pensée consciente, mais jaillissent spontanément, comme un éclair, quand leur raison “raisonnante” a lâché prise. Il va sans dire que ces idées ne germent pas sans un examen préliminaire, conscient et approfondi du problème.[2]

Lors d’un séminaire que j’animais, en abordant ce sujet sur la communication de cerveau à cerveau, un stagiaire m’a dit que je venais de lui apporter la solution à un mystère qui entourait un troublant hasard.

Il me parlait de son père qui est inventeur professionnel, qui cherchait quelquefois pendant des années pour créer une nouvelle invention et à peine l’avait-il créée et déposée pour être brevetée que d’autres personnes la découvraient. Cela s’est produit un nombre incalculable de fois paraît-il et la dépose du brevet par le second inventeur avait toujours lieu dans un laps de temps très court après que le père de cette personne eût fait sa trouvaille.

En fait, ce qui est particulièrement étonnant, c’est que ces inventeurs cherchent quelquefois pendant des années sans trouver, et d’un seul coup d’un seul, parce qu’à un moment donné, l’un des leurs a une idée de génie quelque part sur la planète, d’autres vont pouvoir, à partir de ce moment, faire la même découverte. Cela a donné lieu, à l’époque de la guerre froide entre les Etats-Unis et l’Union Soviétique, à des suspicions d’espionnage lorsqu’une invention, faite par l’un des deux pays, était également conçue très peu de temps après par l’autre pays.

Cela n’est pas sans rapport avec la théorie de la résonance morphique du biologiste réputé Rupert Sheldrake (je reviendrai vous en parler bientôt car c’est un sujet passionnant).

Ceux qui ont suivi ma formation se souviennent de “L’influence du médecin prescripteur”.

Rappel rapide de “l’influence du médecin prescripteur”

Un médecin qui avait un patient qui souffrait depuis 18 ans d’un asthme sévère n’était soulagé par aucun des traitements prescrits.

Un jour, ce médecin eut connaissance d’un tout nouveau médicament particulière­ment efficace dans ce type de pathologie. Celui-ci n’étant pas encore commercia­lisé, il contacta directement le laboratoire pharmaceutique qui le diffusait afin de s’en procurer pour le prescrire à son patient.

Dès le début du traitement, le résultat fut spectaculaire ! Ce pauvre homme qui souffrait quotidiennement de crises d’étouffement put enfin mener une vie normale !

Cela était presque trop beau pour être vrai et le médecin se demanda si ce résultat extraordinaire était réellement dû à l’effet pharmacologique de ce médicament ou à un quelconque effet placebo[3].

Afin d’en avoir le cœur net, il se fit envoyer par le laboratoire le même médicament, MAIS en placebo, qu’il donna à son patient à la consultation suivante.

Deux jours après, le patient effondré téléphona à son médecin pour lui spécifier que les symptômes avaient repris comme aux pires moments de sa maladie.

Bien sûr, le médecin, sachant qu’il s’agissait de placebo, le rassura et lui donna rendez-vous la semaine suivante pour faire le point.

Après ce constat d’échec, il conseilla à son patient de poursuivre néanmoins ce traitement qui lui avait pourtant été favorable. Il lui redonna donc une plaquette de ce médicament, mais cette fois, du “vrai” médicament.

Et là, disparition des crises d’étouffement, le malade guérit de nouveau.

Le médecin alterna plusieurs fois placebo et produit actif : à chaque fois que le patient prenait le placebo, il rechutait, à chaque fois qu’il prenait le médicament, son état s’améliorait. Il était donc évident que l’amélioration de l’état de santé du patient était bien due à l’efficacité du médicament et non pas à l’effet placebo.

Le médecin envoya donc un courrier au laboratoire, décrivant précisément son protocole, leur donnant ainsi la preuve de l’efficacité de ce nouveau médicament.

…Et c’est alors qu’il reçut une lettre de ce même laboratoire, lui précisant que, depuis le début de sa prescription, il ne lui avait été envoyé que des placebos ![4]

Admettez que c’est quand même assez extraordinaire !

  • Lorsque le médecin “croit” qu’il lui donne le vrai médicament, le patient guérit,
  • Lorsque le médecin “croit” qu’il lui donne le placebo, le patient rechute !

Le cerveau du patient a donc “capté” la croyance du médecin prescripteur.

Alors on peut se poser la question : est-ce que c’est l’attitude inconsciente, subliminale, du médecin qui influence involontairement son patient, ou est-ce réellement une communication de cerveau à cerveau ?

Je pencherais personnellement pour une communication de cerveau à cerveau. Ce qui m’incite à préférer cette hypothèse, ce sont les nombreuses expérimentations scientifiques effectuées sur des animaux qui apportent la preuve de cette théorie. Et je ne pense pas que dans ces nombreux cas, on puisse parler d’attitudes ou de messages subliminaux provenant des expérimentateurs qui influenceraient des rats blancs de laboratoire.

Une expérience très intéressante !

Dans un domaine un peu différent, je me souviens avoir lu le compte-rendu d’une étude américaine faite par des psychologues. Ils ont sélectionné, grâce à des tests psychologiques, trois jeunes hommes « persécuteurs » qui manifestaient une tendance un peu machiste et trois jeunes filles « plutôt soumises ». Puis ils ont organisé un grand buffet dansant, auquel étaient bien évidemment conviés les 6 jeunes gens sélectionnés, avec une centaine de jeunes étudiants d’une université.

À la fin de la soirée, les trois jeunes gens machistes et les trois jeunes filles soumises s’étaient retrouvés parmi cette centaine de personnes et étaient en couple.

On pourrait se demander pour quelles raisons ils se sont ainsi retrouvés ? Pourquoi leur inconscient respectif avait-il intérêt à faire en sorte qu’ils se rencontrent ?

Les scénarios à répétition…

Vous avez probablement déjà remarqué que certaines personnes sont confrontées à ce que l’on appelle des scénarios à répétition.

Un jour, une collègue de mon épouse la rencontre en ville et lui demande :
– “Est-ce que ton mari te bat souvent ?”

Sa question n’était pas :
– “Est-ce que ton mari te bat ?” mais “Est-ce que ton mari te bat souvent” ?

Il faut savoir qu’elle en était à son troisième mariage…

En fait, ses précédents maris la battaient et son dernier la battait probablement plus que les autres, ce qu’elle devait trouver suspect.

Il est curieux de constater qu’après avoir vécu avec un premier mari violent, elle le quitte pour en retrouver un deuxième qui soit atteint du même trouble, puis un troisième qui manifeste cette déviance encore plus violemment !

Il n’est pas rare non plus de voir quelqu’un vivant en couple avec une personne alcoolique qui, au bout de quelques années, ne supporte plus la situation et la quitte. Puis, quelque temps après, on apprend que cette personne a retrouvé un compagnon ou une compagne… qui souffre de la même addiction !

Là encore, nous pourrions nous poser la question, à savoir : quelle est la raison pour laquelle nous créons involontairement et inconsciemment ces scénarios à répétition ?

Y aurait-il un “sens” à cela ?

En fait, si au niveau philosophique et en dehors de toutes considérations religieuses, nous considérons que nous sommes sur terre pour notre évolution personnelle, il est alors permis de penser que nous avons des choses à vivre, des leçons à assimiler, pour apprendre, progresser, grandir.

Je précise que je ne cherche à convaincre personne, mais si vous êtes sceptique par rapport à cela, je vous demande de faire un retour dans le passé et d’observer les évènements de votre vie, ou ceux concernant celle de personnes proches (que vous connaissez suffisamment pour savoir ce qu’elles ont vécu de douloureux).

Je serais étonné que vous ne fassiez pas cette constatation : lorsque nous sommes confrontés à des difficultés, à des problèmes que nous n’avons pas su ou pas pu résoudre, nous les retrouverons sous différentes formes, jusqu’à ce que nous finissions par en comprendre la leçon.

Autres témoignages…

Lors d’un séminaire de médecine auquel j’avais participé, le professeur qui l’animait avait abordé ce sujet et nous avait fait part de quelques exemples personnels ; il nous a ensuite donné la parole pour rechercher des expériences du même type et les partager. C’était génial, parce que vraiment très convaincant. Chacun de nous découvrait avec un étonnement non dissimulé l’exactitude de cette hypothèse qui s’était manifestée à différents moments de leur vie.

Par exemple, une personne présente qui s’était beaucoup occupée dans le passé de jeunes enfants ne supportait plus d’entendre un enfant hurler (en jouant, en pleurant etc.). Et elle nous a raconté que systématiquement, que ce soit au restaurant, sur la plage, au cinéma etc., si des personnes arrivaient, accompagnées de jeunes enfants bruyants, ils venaient à chaque fois s’installer juste à côté d’elle (alors qu’il y avait bien sûr de la place ailleurs).

Une autre, de nature très impatiente, était systématiquement confrontée à des retards dans ce qu’elle attendait “impatiemment”. Lorsqu’il s’agissait de quelque chose qui avait peu d’importance pour elle, alors là, tout se passait dans les temps.

Si je n’apprends pas dès la première fois la “leçon” tissée dans la situation,
celle-ci se répétera toujours plus intense et pressante.
Cathy London

Le bonheur est contagieux…

Je terminerai cet article par quelque chose de très positif : le bonheur est contagieux[5] !

Une équipe américaine a étudié 4739 sujets pendant près de 20 ans. Ils ont constaté que le bonheur pouvait se propager jusqu’au 3ème niveau de relation, c’est-à-dire jusqu’aux amis des amis des amis…

De même, si une personne accède au bonheur, cela se traduira pour le voisinage ou pour la famille par une augmentation de probabilité de 25% de devenir eux-mêmes heureux.

Ces effets diminuent avec le temps et l’éloignement… 

Cela semble signifier que la pensée du bonheur irradie, mais ne reste pas enfermée au sein de la tête de la personne heureuse. Cette idée rejoint les résultats des expériences réalisées en physique quantique qui démontrent qu’une simple pensée est capable à elle seule, de modifier les résultats d’une expérience…

Aussi devrions-nous tous dire comme Voltaire : “j’ai décidé d’être heureux, parce que c’est bon pour ma santé”.

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[1] L’âme retrouvée – Alberto Villolso, Ph. D. – AdA éditions
[2] Psycho-cybernétique – Dr Maxwell Matz – Ed. Godefroy
[3] Pour rappel : Un placebo est un faux médicament, une substance dénuée de tout principe actif, qui est prescrit par un médecin en étant présenté comme un excellent médicament.
[4] Le mystère des placebos / Patrick Lemoine / Ed. Odile Jacob
5] Dr Luc Bodin – Site Internet : www.luc-bodin.com

 

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