Ce qui est arrivé à Julien…

Je vais vous raconter l’histoire d’un petit garçon prénommé Julien, qui est assez timide mais qui se sent néanmoins assez bien dans sa peau.

Il a une dizaine d’années, il aime l’école et est assez bon élève.

Toutes les semaines les enfants doivent apprendre une poésie et le jeudi matin, la maîtresse choisit 2 ou 3 élèves au hasard pour venir réciter cette poésie devant toute la classe.

Notre Julien a une très bonne mémoire et n’a aucune appréhension. Au contraire, lorsque le regard de la maîtresse survole la classe pour choisir un élève, il souhaite secrètement que ce soit lui.

À chaque fois, tout se passe très bien et Julien repart à sa place avec les félicitations de la maîtresse.

Un incident de parcours…

Jusqu’au jour où un petit imprévu survient.

Comme tous les jeudis matin, La maîtresse scrute la classe de son regard, s’arrête sur Julien et l’invite à se rendre au tableau.

Ce qu’il fait avec beaucoup de plaisir comme à chaque fois.

Mais voilà qu’à quelques mètres du bureau de la maîtresse, il trébuche sur un cartable posé dans l’allée et s’étale de tout son long sous les éclats de rire tonitruants de ses camarades.

Julien se sent ridicule, humilié, s’il pouvait se mettre dans un trou de souris, il s’y précipiterait…

Il se relève, se place devant ses camarades et là, c’est le trou total. Il ne se souvient plus du début de sa poésie. La maîtresse lui souffle les premiers mots et Julien enchaîne les deux premiers vers.

Puis de nouveau, il hésite, il cherche … en vain. La maîtresse l’aide encore et c’est ainsi, jusqu’au moment où la maîtresse le renvoie à sa place, lui reprochant de ne pas avoir suffisamment appris sa poésie, toujours sous les rires moqueurs des autres élèves.

Julien trouve cela très injuste, il connaissait parfaitement sa poésie, il l’avait appris comme à chaque fois avec beaucoup de plaisir car en plus, il aime ça !

Puis ce petit incident fut vite oublié. Julien retrouve progressivement son assurance et tout redevient comme avant. Il est ravi de réciter sa poésie, toujours avec le même succès devant ses camarades.

De nombreuses années plus tard…

De nombreuses années plus tard, Julien est devenu comédien. Sa carrière se présente bien, il joue au théâtre, il commence à être connu et tout va pour le mieux pour lui.

Jusqu’au soir où, malencontreusement, juste avant d’entrer en scène, il trébuche sur un morceau de tapis qui traîne dans les coulisses. Rien de grave, il arrive à se stabiliser, il ne tombe pas, mais curieusement, il se retrouve instantanément avec le cœur qui bat la chamade, les mains moites, la gorge sèche…

Sur le moment, il pense simplement que ces symptômes ont été provoqués par la peur d’une chute éventuelle juste avant de se trouver devant le public. Mais le problème est qu’à partir de cet événement mineur, ces mêmes symptômes se reproduisent à chaque représentation, juste avant d’entrer en scène, sans même avoir pensé à ce petit incident.

Je pense que vous avez reconnu là les symptômes du stress, du trac…

Et pourtant, Julien n’a jamais eu le trac !

Eh bien, bizarrement, maintenant, il a le trac avant chaque représentation. Et il a une peur bleue du « trou de mémoire ».

Comment peut-on expliquer cela ?

En fait, c’est assez simple.

Je développe ce sujet dans les vidéo-formations sur le trac et le stress et j’explique le plus simplement possible que le cerveau est programmé pour la survie de l’espèce et de l’individu.

Lorsque nous sommes dans une situation que le cerveau archaïque considère comme dangereuse pour la survie, il va déclencher toute une série de modifications physiologiques qui va nous permettre de nous sauver (du danger), ou de nous battre (pour sauver notre peau) : c’est l’alternative de la lutte ou la fuite, si bien démontrée par le Professeur Laborit.

Toutes ces situations vont être enregistrées dans le cerveau non-conscient situé dans la zone du tronc cérébral appelé le cerveau reptilien, qui est commun à tout le règne animal. C’est le plus ancien, le plus primitif, comme son nom l’indique. C’est là où se trouvent tous les automatismes liés à nos comportements, il est le siège de l’instinct de survie et de nos besoins primaires, c’est-à-dire boire, manger et se reproduire.

La façon dont nous allons réagir à certaines situations est primordiale. C’est tout l’intérêt de savoir gérer le stress. Si Julien avait réagi sans stress à sa chute malgré les moqueries de ses petits camarades, il aurait pu affronter la situation sans panique, sans trous de mémoire. Et il n’y aurait eu aucune suite néfaste à cette situation.

La manière dont il a vécu cette expérience a fait que son cerveau reptilien a enregistré la scène car il l’a ressentie comme un danger potentiel. Il est programmé pour cela, je l’ai dit. Bien sûr, tout cela est complètement inconscient, mais néanmoins parfaitement rangé dans un coin de la tête de Julien, au cas où une situation similaire se reproduirait. Dans cette éventualité, les mêmes modifications physiologiques dont j’ai parlé très sommairement plus haut se produiraient de nouveau afin de permettre … la lutte ou la fuite.

La mise en résonance de deux situations…

Pourtant cette situation ne s’est pas représentée malgré les nombreuses confrontations de Julien avec son public, puisque Julien joue au théâtre régulièrement depuis des années et tout se passe toujours très bien.

Mais ce qui a provoqué cette situation, vous l’avez compris, c’est le fait de se prendre le pied dans le tapis avant son entrée en scène. Cela a mis en résonance la situation de la chute dans la salle de classe, la situation de stress, de dangerosité, avec la situation présente. Et voilà comment le trac peut devenir chronique, à cause d’une situation sans gravité vécue pendant l’enfance.

Il suffira alors, très simplement, de modifier l’engramme enregistré pour régler le problème définitivement. Et l’avantage est qu’il n’est nul besoin de se souvenir, de savoir d’où vient le problème. Cela peut se faire très naturellement grâce à des méthodes simples et faciles à mettre en pratique.

2 réflexions au sujet de “Ce qui est arrivé à Julien…

  1. Et parfois (oserais-je dire le plus souvent ?), l’événement déclencheur est beaucoup plus ancien, parfois même prénatal, et n’a rien à voir avec la situation qui déclenche trac ou phobie. D’où le caractère parfois inexpliqué de nos troubles. Et le fait de chercher à en connaître l’origine n’aide pas ! À ce sujet, peut-être avez-vous entendu parler des méthodes NERTI et TIPI ?

  2. Effectivement, l’événement déclencheur peut venir de loin, de la vie intra-utérine parfois, mais aussi de la transgénéalogie. Il ne faut pas oublier que l’on arrive dans la vie avec de grosses valises qui contiennent certains “vécus” de nos aïeux.
    Oui, je connais un peu les méthodes NERTI et TIPI mais je n’ai pas encore eu le temps approfondir sérieusement le sujet…

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