Cette pédagogie “un peu atypique”

Quelques personnes m’ont demandé plus de détails sur cette “pédagogie un peu atypique” (expression que j’utilise dans certains de mes textes) que j’ai élaborée suite aux diverses formations professionnelles que j’ai suivies après mes études musicales.

Je pense que la plupart d’entre nous n’avons pas réellement conscience de la puissance extraordinaire que nous possédons tous, sans exception. Je veux parler des immenses possibilités de notre cerveau, de notre mental. C’est pourquoi je traite ce sujet dans cette formation en ligne en faisant référence à des études sérieuses qui en font la démonstration, ceci dans le but de générer une immense confiance en nous.

Dès les premières images de la formation, je développe cette phrase : « Le mental est une puissance insoupçonnée, qui peut nous apporter une aide considérable s’il est bien utilisé, mais qui peut aussi être redoutable ! »

Et c’est précisément grâce à une meilleure connaissance du fonctionnement mental et à une meilleure compréhension des processus d’apprentissage (excusez la répétition pour ceux qui m’ont déjà lu) que nous allons, sans difficulté, nous débarrasser du trac, mais aussi que nous allons progresser (quel que soit notre niveau) dans le domaine technique (instrumental, vocal, corporel…) ; c’est-à-dire que nous pourrons sans difficulté augmenter notre virtuosité, notre vélocité, mais aussi les maîtriser parfaitement.

Un exemple

Pour illustrer cela, je vais vous relater une expérience que j’ai vécue avec l’un de mes élèves, qui tend à démontrer que cette méthode est tellement efficace qu’elle permet de résoudre des problèmes dont on ne connaît pas la causeet même d’apporter une solution là où la médecine n’en a pas encore à proposer.

Au début d’une année scolaire, je vois arriver dans ma classe un nouvel élève trompettiste de second cycle qui jouait très bien mais qui souffrait d’un problème de taille : il avait un problème d’aigu, il était incapable de “monter” au-dessus du sol aigu.

À partir de ce sol placé au-dessus de la portée, il n’y avait plus aucune vibration, on n’entendait qu’une espèce de souffle qui remplaçait le son.

Et il faut savoir quand même qu’un trompettiste limité au sol aigu n’a aucun avenir.

Même s’il faisait de la trompette pour se faire plaisir, il serait très vite frustré et se découragerait inévitablement au bout d’un certain temps.

Il était déjà étonnant qu’il ait pu arriver en second cycle avec un tel handicap.

J’ai donc bien entendu commencé par vérifier la technique respiratoire, puis le masque physiologique, afin de m’assurer que le problème ne provenait pas d’un manque de compression de la colonne d’air ou d’une mauvaise position des lèvres ou de l’embouchure, mais tout était bien en place.

En cherchant la solution à ce problème particulier, j’en ai déduit que le fait de ne plus pouvoir produire de son au dessus-du sol aigu signifiait qu’il y avait un problème de vibration au niveau de certaines fibres du muscle orbiculaire des lèvres à partir d’une certaine fréquence vibratoire.
Plus simplement, au-dessus du sol aigu, une partie de ce muscle ne vibrait plus, ce qui produisait ce souffle à la place du son.

J’ai alors contacté un médecin spécialiste des problèmes musculaires des musiciens qui m’a confirmé cela et qui m’a proposé de faire une échographie afin d’affiner le diagnostic.

Mais lorsque je lui ai demandé s’il avait des solutions à proposer, il m’a répondu qu’il ne pouvait que suggérer le changement d’instrument.

Pour lui, il fallait que je persuade mon élève de passer au tuba ou au trombone, puisque là, il ne serait plus confronté aux vibrations rapides, évoluant constamment dans les fréquences beaucoup plus basses de cet instrument.

Mais sachant que mon élève, malgré ce problème, n’abandonnerait la trompette pour rien au monde, je ne l’ai pas découragé en lui donnant ces informations et nous avons mis en place la méthode adéquate.

Et le résultat a été plus que probant !

La preuve en est que pour son examen de fin d’année, le morceau imposé était (je le précise pour les trompettistes qui connaissent probablement cette pièce) : “Aria et Toccata” de Raymond Niverd.

C’est une œuvre qui contient, dans le premier mouvement, un contre-ut dièse double forte et un peu plus loin, dans une grande phrase ascendante, un contre-ut tout aussi double-forte.

Eh bien, je peux vous dire que notre jeune trompettiste a parfaitement bien joué, y compris les notes aiguës dans la nuance demandée, puisqu’il a obtenu comme résultat à cet examen, une première mention à l’unanimité avec les félicitations du jury.

Alors que, quelques mois plus tôt, il était impensable pour lui, de jouer cette pièce.

Ce travail spécifique que nous avons fait a permis à la zone qui ne vibrait plus, de retrouver une vibration normale et naturelle.

Mais alors, allez-vous me dire, c’est quoi ce travail spécifique ?
C’est simplement et uniquement un travail “mental”.

Un autre exemple

Je pourrais vous citer d’autres exemples rencontrés au cours de ma longue carrière…

Un de mes collègues m’envoie un jour un de ses élèves pour tenter de régler un problème de détaché.
Ce dernier avait effectivement un détaché très lent et dès qu’il tentait d’accélérer le tempo, sa langue se crispait au point de se tétaniser … et tout s’arrêtait fatalement.

C’est ce qu’on appelle également chez nous aussi « le bégaiement ».

En général, pour régler ce type de problème, il faut compter environ entre six et huit mois pour atteindre une vitesse de détaché convenable, cela dépendant bien entendu des capacités des élèves.

Nous avons donc travaillé “mentalement”.

Eh bien, grâce à ce travail, la vitesse souhaitée du détaché a été atteinte en un mois environ et le problème de bégaiement définitivement résolu.

Bien entendu, je prends des exemples de musicien (ici de trompettiste) parce que c’est mon métier, mais je ne cesse de répéter que cette méthode fonctionne dans toutes les disciplines, pour les musiciens, les chanteurs, les danseurs, les sportifs (je me souviens avoir proposé cette méthode à une personne qui faisait du ski acrobatique et à une autre qui faisait des sauts périlleux sur le sol, ça a été pour elles une révélation), mais aussi pour les artistes de cirque, artistes de rue, pour tout ce qui concerne le travail manuel etc. etc. (y compris pour les personnes qui sont en rééducation à cause de problèmes de chute, d’accident de la route, d’AVC, de maladie neurologique etc).

Lorsque pendant près de 30 ans (eh oui, ça ne me rajeunit pas 😩 !) j’ai expliqué aux personnes qui assistaient à mes conférences ou à mes séminaires de formation que lorsque nous travaillons sans instrument, mentalement et en restant parfaitement immobile, nous sommes beaucoup plus efficaces qu’en travaillant réellement avec notre instrument (ce sera la même chose pour le chant ou pour toute autre discipline, y compris sportive, rééducative dans certaines pathologies… etc.) vous vous doutez bien que de nombreux sourires sceptiques s’affichaient sur les visages des personnes d’esprit plutôt cartésien.

C’est pourquoi je répétais inlassablement à chacune de mes interventions : « Je peux comprendre que vous soyez sceptique. Si vous ne me croyez pas, ce n’est pas grave, mais expérimentez, c’est le meilleur moyen d’être convaincu ! ».

Et au jour d’aujourd’hui, ce que j’ai toujours prétendu est démontré scientifiquement grâce aux appareils modernes d’investigation médicale tels que scanner, IRM, scintigraphie…

C’est la raison pour laquelle je répète à qui veut l’entendre que les méthodes que je propose “ne peuvent pas ne pas fonctionner” si elles sont utilisées correctement. De cela, nous en avons la preuve aujourd’hui.

Le plus grand laboratoire pharmaceutique de la planète : notre cerveau

Dans la vidéo-formation, je parle de l’effet placebo car les observations et expérimentations faites avec les placebos sont très riches d’enseignement.

Pour rappel, le placebo est un faux médicament, une substance sans principe actif mais qui, en raison de son aspect, peut agir par un mécanisme psychologique sur un sujet croyant prendre une substance thérapeutique.

L’effet placebo a démontré son efficacité dans de nombreuses maladies. Cela ne veut surtout pas dire qu’elles n’existent que “dans la tête” des gens qui en souffrent, ce sont des pathologies bien réelles, avec la preuve objective apportée par les diverses investigations médicales qui ont précédé le diagnostic.

Information importante : si l’on donne un antalgique-placebo à un patient et que l’on réalise ensuite un scanner du cerveau, on pourra constater que le placebo anti-douleur active les mêmes zones cérébrales que celles qui seraient stimulées s’il avait pris le vrai médicament.

C’est intéressant non ?

Dans ce cas, ce n’est pas bien sûr le placebo qui nous guérit, c’est notre imagination, notre croyance, notre intention : nous croyons que nous allons être soulagé ou guéri par ce médicament et c’est cela qui produit l’amélioration escomptée.

Je prends un exemple très simple qui, je pense, va finir de vous convaincre si vous ne l’êtes pas encore tout à fait : imaginons qu’un patient souffre d’une pathologie encore inconnue du corps médical et pour laquelle il n’existe encore aucun médicament efficace (et pour cause, puisqu’on ne connaît pas cette maladie).

Supposons qu’un médecin donne un placebo à cette personne et que celui-ci fasse effetLe patient va guérir de cette pathologie encore inconnue et incurable.

Comment ce petit miracle peut-il se produire ?

En fait, notre cerveau est une extraordinaire usine de fabrication pharmaceutique. Nos neurones sont capables de lancer la création de tous les médicaments pour toutes les pathologies existantes. Et même pour celles qui n’auraient pas encore de médications adéquates.

Cette démonstration prouve la réalité physiologique de l’action du placebo : lorsqu’un patient croit en l’efficacité de son traitement, son cerveau produit les substances utiles à sa guérison.

Je crois que vous avez là un bon exemple des capacités extraordinaires de notre cerveau.

Et comme le dit le Dr Patrick Lemoine* : « Rendez-vous compte que vous avez en vous le plus grand laboratoire pharmaceutique de la planète : votre cerveau ! »

___________________

* Médecin psychiatre, docteur en neurosciences, auteur de nombreux ouvrages – Patrick Lemoine a dirigé une équipe de 14 psychiatres à la Clinique Lyon-Lumière, établissement français le plus en pointe sur les solutions “corps-esprit”.

2 réflexions au sujet de “Cette pédagogie “un peu atypique”

  1. Merci Michel. Je commence à utiliser le travail mental avec mes élèves en cours de flûte traversière. Je suis surprise de constater qu’il est plus efficace que le travail à la muette, quand l’élève parvient réellement à s’imaginer jouer (par « travail à la muette », j’entends jouer les doigtés en chantant le nom des notes sans souffler dans l’instrument).

  2. Merci Céline pour ce témoignage, d’où l’importance de rester immobile en pratiquant le travail intérieur (en l’occurrence, ne pas bouger les doigts). C’est pourquoi je prétends que le travail intérieur est plus efficace que le travail réel (micro contractions produites par le travail intérieur réactivées par le travail réel etc…).

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.